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    Ce brevet novateur déposé par Zero Motorcycles pourrait inciter plus de motards à rouler en électrique

    Loin d’être un simple gadget, l’ajout d’un embrayage, même simulé, devrait améliorer l’agrément de conduite au guidon des motos électriques de la marque américaine.

    Pas facile de changer les habitudes de millions de motards. Zero Motorcycles, constructeur américain de motos électriques depuis 2006, l’a compris et a déposé un brevet concernant un nouvel embrayage. Simulé, ce dernier devrait apporter des sensations de conduite proches de ce que l’on peut connaître sur les véhicules thermiques. C’est du moins ce qu’annonce la marque.

    Comme sur ces derniers, le levier d’embrayage devrait prendre place du côté gauche du guidon. Une fois enclenché, les pilotes pourraient affiner la puissance du couple moteur ainsi que la force du freinage régénératif.

    Une révolution (simulée) ?

    Loin d’être un simple gadget ou un substitut pour les motards habitués à embrayer, cet embrayage a pour but d’apporter un meilleur agrément de conduite. Un point important, notamment pour les jeunes motards, qui peuvent se faire surprendre par l’arrivée parfois brutale du couple dès 0 tour par minute par les motos électriques.

    En termes de sensation, le brevet indique : « Pour imiter la sensation d’un embrayage traditionnel, la relation cinématique entre le levier de commande gauche, les liaisons, le capteur rotatif, le guidon, etc., peut être configurée de sorte que le conducteur ressente initialement une augmentation rapide de la résistance lorsqu’il éloigne le levier de commande gauche de sa position de repos, suivie d’un pic de maintien ou d’un plateau, puis d’un relâchement significatif, à mesure que le levier de commande gauche approche de sa position entièrement rétractée. Lorsque le conducteur du véhicule réduit la pression sur le levier de commande gauche, celui-ci est ramené vers sa position de repos par un ressort. » En d’autres termes, le maniement du levier apparait similaire à ce que l’on trouve sur les motos à moteur à combustion.

    En fonctionnement également, les résultats de l’utilisation du levier seront « familiers », même s’il ne connecte ou ne déconnecte pas réellement l’entraînement du moteur via un ensemble de disques d’embrayage. Le brevet explique que : « En réduisant le couple produit par le moteur, le levier de commande gauche imite le fonctionnement et la sensation, par exemple, le glissement, d’un embrayage d’une transmission à plusieurs rapports présente dans les motos et qui sont alimentés par des moteurs à combustion interne. »

    Un embrayage pour gérer le wheeling sur les motos électriques ?

    Toutefois, les motards n’utilisent cependant pas le levier d’embrayage uniquement pour réduire le couple moteur. Parfois, il est utilisé pour accéder à des régimes moteur plus élevés et amener un moteur dans une partie plus forte de sa courbe de puissance que le rapport sélectionné ne le permettrait sans cela. C’est le cas pour déclencher un wheeling (une roue avant) par exemple. Zero est conscient de cela et envisage de programmer son faux levier d’embrayage pour qu’il réponde de la même manière en surveillant la vitesse à laquelle le levier est déplacé ainsi que sa position.

    Le brevet mentionne : « Par exemple, relâcher rapidement le levier de commande gauche de sa position entièrement engagée peut amener le contrôleur à demander une courte mais brusque monté de couple du moteur qui dépasse la demande de couple indiquée par la position de l’accélérateur, simulant ou répliquant la sensation de ‘lâcher l’embrayage’ dans un véhicule qui comprend une transmission à plusieurs rapports et un embrayage. »

    Un levier qui sert aussi le freinage régénératif

    Le même principe s’applique lors de la décélération, lorsque le pseudo-embrayage peut être utilisé pour adoucir ou durcir l’effet du freinage régénératif de la moto. Le brevet explique que « le contrôleur amène le moteur à fonctionner comme un générateur pour fournir de l’énergie électrique à la batterie, et freiner le véhicule en fonction de la position rotationnelle, du déplacement angulaire, de la force et/ou de la pression appliquée au levier de commande gauche. Par exemple, un mouvement rapide du levier de commande gauche peut indiquer que le conducteur du véhicule demande un niveau très élevé de freinage régénératif, par exemple, lors d’un arrêt d’urgence, tandis qu’un mouvement plus lent du levier de commande gauche peut indiquer des demandes de freinage régénératif moins drastiques. »

    En somme ce levier a l’air d’être assez compliqué dans son fonctionnement et pourrait permettre plusieurs types de contrôle. Reste à voir si son fonctionnement sera intuitif et si il ne fera pas encore grimper plus haut le prix des motos électriques du constructeur qui est déjà, en dépit de leur performances, très élevé en comparaison de leur homologues thermiques. On a hâte de tester pour se faire une idée !

    Auteur : Nicolas Luciu

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