Le Skoda Kodiaq a conquis le marché européen des SUV, notamment grâce à ses prestations à prix compétitif, malgré une augmentation tarifaire au fil des ans. Le nouveau modèle 2024, plus spacieux et mieux équipé, affronte une concurrence accrue tout en conservant ses versions 5 et 7 places et en introduisant prochainement une motorisation PHEV. Cette nouvelle itération du Kodiaq peut-elle encore prétendre au succès ? Réponse dans notre test !

Présentation

En huit ans, entre 2016 et 2024, Skoda a placé le Kodiaq en haut du classement des ventes de SUV dans de nombreux pays européens, dont l’Allemagne ou l’Angleterre. Un succès populaire largement dû aux prestations affichées par l’engin, couplé à un tarif avantageux.

Si le poids de ce dernier point dans l’argumentaire de vente a perdu en importance à mesure que Skoda augmentait ses tarifs, il n’en demeure pas moins vrai que le Kodiaq demeure souvent mieux disant que ses concurrents à configuration équivalente. Mais cette nouvelle génération a-t-elle les moyens de perpétuer la réussite de la précédente ?

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Plus long et plus spacieux que le précédent, le nouveau Kodiaq est également mieux équipé et… plus cher. Par ailleurs, sa concurrence — notamment française — n’entend pas se laisser intimider. Toujours proposé en version 5 ou 7 places et disponible en motorisations essence, diesel et très prochainement PHEV, c’est en Catalogne que nous avons pu évaluer le SUV tchèque, sur les routes des environs de Barcelone.

Skoda Kodiaq, une success story

Le Kodiaq qui était au début en quelque sorte un VW Tiguan un peu dépouillé —mais moins cher que son cousin allemand — a pris du galon et n’a plus à rougir en termes de design et de présentation intérieure. Près de 106 000 exemplaires du Kodiaq ont été immatriculés par la marque en 2023, pas moins de 840 000 depuis 2016 et, pour faire court sur les statistiques, sachez que 60 % de ceux-ci l’ont été en version à 4 roues motrices, tout comme 60 % ont été choisis en version à 5 places — et donc 40 % en configuration à 7 places (une option proposée à 1 080 euros). Il n’est donc pas étonnant que le Kodiaq 2024 reconduise ces possibilités, tandis que le Tiguan Allspace (version à 7 places) n’a quant à lui pas été renouvelé, pour laisser le champ libre à un tout nouveau modèle dont le nom sera dévoilé prochainement.

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Pour mieux accueillir autant de passager, le Kodiaq grandit de 61 mm (à 4,76 m) et voit le volume de son coffre progresser de pas moins de 80 litres. En configuration 5 places, avec la banquette arrière coulissante avancée au maximum, ce ne sont pas moins de 910 litres de chargement qu’il pourra accueillir, contre 340 avec les sièges du troisième rang déployés.

Si cette troisième rangée ne peut pas prétendre accueillir de grands adultes, sa garde au toit bénéficie tout de même de 1,5 cm de plus en hauteur que dans le précédent Kodiaq.

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Disponible au lancement — et hors malus CO2 de 540 euros minimum — à partir de 43 970 € en version essence micro-hybrid (TSI 150 chevaux) et 48 470 € en version diesel (TDI 150 chevaux), le Kodiaq bénéficiera rapidement d’une PHEV 5 places (baptisée iV) et d’une version diesel 193 chevaux, seule éligible à la transmission 4×4.

Pour le lancement, seule la finition Sélection est proposée. Bien que déjà très correctement équipée, elle peut évidemment faire l’objet de nombreuses améliorations au petit jeu des options. Il faudra aussi « compter » sur un malus au poids minimum de 660 euros, auquel échapperont toutefois les familles nombreuses.

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Skoda Kodiaq, Tarifs et finitions

Comme nous l’avons vu, le Kodiaq de deuxième génération n’est proposée qu’en une unique finition, les versions PHEV et diesel à transmission intégrale arrivant à la commande entre la fin du printemps et la fin de l’été 2024.

1.5 L TSI 150 ch
mild hybrid DSG7
2.0 TDI 150 ch
DSG7
Selection

5 places

43  970 €

48 470 €

Selection7 places45 050 €49 550 €
Malus CO2 (2024)De 540 à 3 120 €De 900 à 4 026 €

À cette finition unique, on pourra donc ajouter de multiples packs d’options avec pour conséquence une augmentation de la masse et donc malheureusement aussi du malus CO2. Parmi les options, on peut notamment citer le vaste choix de jantes qui, en 18, 19 ou 20 pouces, pourront remplacer le modèle Paget de 17 pouces monté en série.

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Principaux équipements de série du Kodiaq Selection

Comme nous l’avons évoqué, cette finition pour le moment unique propose un lot d’équipement fourni. Étant donné le tarif, c’est tout de même bien le moins. Songez en effet qu’en 2016, le tout premier Kodiaq se négociait à moins de 25 000 euros en essence et à 32 000 euros en diesel, avec une boîte manuelle et une transmission 4×4. Côté haut de gamme, il fallait compter un peu moins de 37 000 euros en essence (TSI 150 ch. 4×4) et 41 650 euros en diesel (TDI 190 ch 4×4). Il est donc loin le temps des Skoda moins chères que « les autres ».

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Dans ce Kodiaq 20024, donc, vous pourrez compter de série sur une climatisation tri-zone, l’instrumentation numérique, l’écran d’infodivertissement de 13 pouces, un double-chargeur 15W à induction, les sièges avant chauffants, la banquette arrière coulissante, le hayon électrique et toutes les aides à la conduite obligatoires (qui ne sont pas pour rien dans l’inflation de l’ensemble du parc automobile).

Par ailleurs, une Skoda ne serait pas une Skoda si elle n’intégrait pas quelques astuces pratiques, comme le porte parapluie intégrée à la portière, l’entonnoir pour le liquide lave-glace, la raclette pare-brise dans la trappe à carburant, les poubelles de portières, etc.

Skoda Kodiaq 2024, un design bien à lui

Vu de face il est impossible de ne pas reconnaître immédiatement le design Skoda. Et cela, même si le Kodiaq 2024 ne se contente pas d’ajuster sa bouille aux canons actuels de la marque. La grande grille de calandre intègre une bande lumineuse et les nouveaux feux adoptent une technologie matricielle à LED de seconde génération.

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Sur le flan, on notera les arches de roues noires mises au carré et un embossage dont le rôle, en plus d’être esthétique, concourt à l’amélioration de l’écoulement de l’air, tout comme les jantes d’ailleurs. À l’arrière, les feux en trois parties et reliés entre eux par une bande de LED décontenancent un peu, tandis que le diffuseur intégré remonte assez haut sur le bouclier. Avec les nombreux efforts consentis sur l’aérodynamique et des côtes moindre en hauteur et en largeur que celles du Kodiaq de génération précédente, le Cx passe de 0,32 à 0,28.

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Un habitacle premium

Cela fait maintenant plusieurs années que Skoda met sur le marché des véhicules qui n’ont en apparence pas grand-chose à envier à ses marques cousines que sont Volkswagen et Audi. Vous ne trouverez donc pas étonnant qu’il en soit de même avec ce Kodiaq. La portière ouverte dévoile un habitacle spacieux dans lequel le mobilier fort bien ajusté marie un design moderne à des matériaux très flatteurs. Il faudra vraiment faire l’effort de se pencher sur les parties basses pour découvrir quelques plastiques durs.

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La sellerie en vrai cuir (tanné sans procédé chimique) de notre modèle d’essai est certifiée AGR, organisme allemand qui porte son sceau sur les sièges portés sur l’ergonomie et le confort. Pour ne rien gâcher, la fonction massage (à l’avant) aidera à lutter contre l’ankylose des muscles sur les longs trajets, ou à la détente dans les embouteillages.

Technologies et équipements

Dans le haut de la planche de bord sont intégrés les deux écrans désormais traditionnels. La dalle d’instrumentation de 10 pouces est ainsi secondée par l’écran central de 13 pouces dans lequel tourne la version MIB 4 du logiciel du groupe VW. Passés les aérateurs situés directement en dessous de celui-ci, on se familiarisera très rapidement avec les trois Smart Dials.

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Smart Dials, Smart Skoda

Les boutons rotatifs ont la particularité de pouvoir piloter plusieurs fonctions. Ainsi, les deux qui sont situés de part et d’autre servent à gérer les zones de climatisation avant, mais un appui dessus leur attribue alors la charge de régler la température du chauffage du siège correspondant. De son côté, la molette située au centre peut gérer jusqu’à 4 fonctions, choisies parmi six. Par exemple, il peut s’agir du volume du son, de la puissance de la ventilation, du choix des buses, du mode de conduite ou encore du niveau de zoom de la cartographie GPS… Non seulement c’est malin, mais c’est surtout ergonomiquement un bon compromis entre un ensemble de touches physiques ou le recours peu recommandable au tout écran. Pour la petite histoire, le nouveau Volkswagen Tiguan qui sort actuellement ne propose qu’une seul Smart Dial, conservant les barrettes tactiles sous l’écran pour les réglages de climatisation.

Sous les Smart Dials du Kodiaq on trouve enfin un double chargeur réfrigéré à induction de 15 watts pour deux smartphones, ainsi que deux connecteurs USB-C, un troisième étant logé à côté du rétroviseur central pour alimenter une dashcam, par exemple. Deux autres prises USB-C sont par ailleurs installées à l’arrière.

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Vie à bord du Skoda Kodiaq

Il n’y a objectivement pas grand-chose à objecter au Kodiaq, qui offre un espace de vie confortable pour 5 passagers et leurs bagages (le coffre est véritablement spacieux). En configuration 7 places, il faudra ne pas être trop grand pour les strapontins arrière, mais n’oublions pas que l’auto n’est elle-même pas si immense que ça (4,76 m) et que son empattement (2,79 m) n’a évolué que d’un petit centimètre d’une génération à l’autre.

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Au volant du Skoda Kodiaq : confort et silence

Que ce soit avec un moteur diesel ou essence, l’insonorisation offerte à ses occupants par le Kodiaq est remarquable. Même sur voie rapide, les bruits d’air ne sont jamais gênants et les bruits de roulement très bien filtrés. Cette quiétude renforce évidemment l’ambiance plutôt haut de gamme relevée dès notre montée à bord.

Selon les options choisies, il est possible de disposer ou non du DCC, comprenez par-là Dynamic Chassis Control. Ce dispositif autorise un réglage plus précis du comportement de l’auto, notamment grâce au pilotage de la suspension sur plusieurs pas.

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Côté comportement, la plateforme MQB Evolution qu’il partage avec la nouvelle Superb, mais aussi les VW Passat, Tiguan et autres, offre des prestations tout à fait saines. Bien que d’un gabarit imposant et d’une masse avenante (près de 1 800 kilos en version diesel), le Kodiaq ne se vautre pas en virage et guide bien depuis l’entrée jusqu’à la sortie. La motricité est bien gérée également, mais il conviendra de voir comment elle le sera avec des motorisations plus coupleuses car, somme toute, les TSI (270 Nm) et TDI (320 Nm) du lancement ne sont de ce point de vue pas trop exigeants avec les trains roulants. Tout juste apprécierait-on une direction plus lisible, mais le Kodiaq n’ayant aucune prétention sportive, c’est un défaut on ne peut plus mineur.

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Côté ergonomie si le sélecteur de vitesse logé au niveau du volant dégage le tunnel de servitude et permet de bien répartir les espaces de rangements, sa manipulation par rotation induit souvent des erreurs (passer la marche avant au lieu de la marche arrière dans les manœuvres, par exemple). Les leviers que l’on baisse ou remonte et que l’on trouve chez Renault, Mercedes ou autres Tesla sont plus logiques.

L’instrumentation se révèle plutôt lisible et, en option, les indications de l’afficheur tête haute sont plaisantes à suivre.

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L’interface de l’écran central a également évoluée vers plus d’ergonomie. Si elle demeure un poil compliquée à appréhender dès lors qu’il faut aller chercher une fonction particulière, on peut s’en sortir en programmant des raccourcis qui viennent se loger sous forme d’icônes en haut ou en bas, comme des barres de menus. Et si le revêtement brillant de cet écran a une fâcheuse tendance à collectionner les traces de doigts, un petit tampon nettoyeur est disponible dans l’accoudoir central pour les retirer.

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Consommations Skoda Kodiaq 2024

C’est plutôt une bonne surprise, que ce soit en diesel ou en essence micro-hybridée, le Kodiaq se contente d’un volume raisonnable de carburant. Sur nos parcours d’essais mêlant à peu près tous les types de route, nous avons enregistré un besoin de 6,6 litres de diesel aux cent kilomètres et à peine 6,4 litres en essence. Pour ce dernier, la micro hybridation du bloc TSI Evo permet une roue-libre avec coupure totale du moteur qui réduit sensiblement la consommation. Et dans les phases de roulage durant lesquelles la charge moteur n’est pas importante, deux cylindres sur les quatre peuvent se couper. La gestion de tout ceci est totalement transparente pour l’utilisateur. Pas mal, d’autant qu’on a tout de même vu des véhicules hybrides et de gabarits plus modestes se montrer bien plus gourmands…

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Quoi qu’il en soit, les malus écologiques étant proches d’un moteur à l’autre, en dehors d’un motif fiscal il y a peu de raison de préférer le bloc TDI à son homologue TSI, même s’il faut admettre que le couple plus généreux du diesel rend la conduite plus agréable dès lors que le relief et le profil de la route imposent de nombreux changements de rapports à la boîte, que ce soit depuis les palettes ou en mode automatique.

NOS NOTES ...
Design / finition
Technologie / équipements
Au volant
Consommation
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Son initiation dans le monde des essais automobiles a commencé avec la New Beetle Cabriolet, une voiture plaisir pour laquelle il effectue le reportage et rédige l'article. C'était en 2003, et depuis, il a réalisé de nombreux autres essais qui ont marqué l'évolution de l'industrie auto, aussi bien sous le capot que dans les habitacles. Cependant, 20 ans après ses débuts, il n'a toujours pas rencontré de voiture autonome capable de fonctionner sans intervention humaine. Ce n'est pas pour lui déplaire, car il aime avoir les mains sur le volant !
essai-skoda-kodiaq-2024-la-classe-palaceSkoda fait évoluer le Kodiaq sans toucher à ce qui fait son succès jusqu’à présent. Toujours spacieux et bien équipé, le Kodiaq invite au voyage et s’améliore encore en termes de prestations dynamiques et de confort. L’ergonomie progresse également, mais tout ceci se paye cependant bien cher, d’autant qu’il faudra immanquablement compter sur les différents malus, écologique et au poids. Et si jamais les tarifs de stationnement sont modulés eux aussi en fonction de la masse, ce sera la triple peine.

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