Six ans après la sortie de la 5e génération de Clio, Renault propose son nouvel opus, baptisée logiquement Clio 6, dont l’objectif est évidemment de se positionner au sommet de la catégorie des citadines, que ce soit en France ou en Europe. Et pour y parvenir, le constructeur français a décidé de miser sur des évolutions plutôt qu’une radicale révolution. Le constructeur joue en effet gros, car quand on est l’héritière d’une digne lignée il ne s’agit pas de se louper. Alors le résultat est-il convaincant ? Réponse dans notre test de la Clio 6 hybrid E-Tech 160 !

Présentation de la Renault Clio 6 hybrid E-Tech 160
Il fut un temps où la Clio n’existait pas dans le paysage automobile français. Mais ça, c’était avant 1990. Cela fait en effet 35 ans que la citadine de Renault parcourt nos routes, et on la voit pour ainsi dire partout puisqu’elle a été vendue à plus de 6 millions d’exemplaires dans nos contrées et à près de 17 millions dans le monde. C’est LE best-seller de Renault, un modèle capital pour le constructeur au losange. Interdit donc de se louper au moment de lancer cette nouvelle génération de Clio 6. Pourtant, Renault a décidé de prendre des risques, tout en s’appuyant également sur la force de son moteur hybride E-Tech et de son système multimédia OpenR Link qui a déjà fait ses preuves sur d’autres modèles de la gamme.

Design et habitacle de la nouvelle Clio 6
Ceux qui estimaient que la Clio 5 n’était qu’un restylage de la génération précédente ne pourront pas faire la même remarque pour ce nouvel opus. Certains vont même sans doute ne plus reconnaître leur Clio, et cela pourrait éloigner de nombreux clients des concessions Renault. Mais le constructeur est prêt à prendre ce risque, qu’il assume totalement. « C’est l’effet recherché, créer une réaction, déclarait ainsi Guillaume Sicard, le DG de Renault, lors des essais organisés à Lisbonne auxquels nous avons pu assister. Certains concurrents sortent des voitures plus neutres, mais ce n’est pas notre leitmotiv. Nous souhaitions générer une émotion forte et, dans ce cas, nous savons que nous ne pouvons pas générer l’unanimité. Une petite partie des gens vont la rejeter, mais ce n’est pas grave. »

Une petite partie des gens vont la rejeter, mais ce n’est pas grave
Guillaume Sicard, DG Renault
Alors, à quoi ressemble cette nouvelle Clio 6 ? Certains y trouveront un trait de crayon « japonisant » . On peut en effet voir des airs de Mazda 3 dans cette énorme calandre. Pour l’arrière, on pense plus à un style latin, avec ses phares séparés et cette poupe proéminente. Quoi qu’il en soit, le design est agressif, dynamique et pour le moins original, avec ses courbes, ses creux, ses vagues et ses arrêtes. A chaque fois qu’on la regarde, on peut percevoir un détail qu’on n’avait pas encore vu. Si le dessin est clivant il a en tout cas le mérite de faire tourner les têtes.

Cette 6e génération de Clio, qui repose toujours sur la plateforme CMF-B, a aussi grandi, et elle a de plus en plus tout d’une grande, avec 7 cm de plus en longueur, pour 4,12 m au total, et 4 cm gagnés en largeur, pour grimper à 1,77 m. On peut regretter que les passagers n’en profitent pas vraiment, mais la Clio est évidemment plus accueillante que sa cousine électrique, la R5 E-Tech, 20 cm plus courte. Et niveau coffre, elle conserve le même volume que sa devancière, avec 391 litres en thermique et 309 litres en hybride. Un volume assez chiche en réalité au vu du gabarit.


La planche de bord a évolué avec notamment l’ancien écran vertical remplacé par une double dalle comme sur les R5 et R4, avec deux écrans de 10 pouces selon les finitions. Un choix nettement plus valorisant. Malgré quelques plastiques durs, pas de critique particulière sur la qualité de la finition ou les matériaux employés, on est de toute façon dans une catégorie où le cuir et le bois sont rares. Mais on peut trouver de l’alcantara sur la finition Esprit Alpine et l’éclairage d’ambiance se prolonge dans les contre-portes, un détail stylé qui la rend moderne. L’ergonomie est excellente et on apprécie grandement la présence du bouton My Safety qui permet de désactiver certaines aides à la conduite trop intrusives comme ces satané maintien dans la voie et alerte de survitesse.

Technologie et équipements de la Clio 6 hybride
Pour la première fois, la Clio hérite du fameux système multimédia openR link qui intègre l’interface de Google. Un choix particulièrement pertinent car il est un des systèmes multimédia les plus agréables, réactifs et ergonomiques de la production actuelle. On s’y sent rapidement chez soi (normal il est directement inspiré des smartphones Android) et il permet d’accéder directement à Google Maps, Google Play ou encore au streaming. Et Renault a annoncé que l’an prochain, grâce à une mise à jour Over The Air, Gemini, l’assistant IA de Google, arrivera également dans la Clio 6. Apple CarPlay et Android Auto sans fil restent présents en plus.

Le constructeur français s’enorgueillit également de proposer 29 aides à la conduite, comme les traditionnelles alertes de survitesse, de franchissement de ligne et de vigilance du conducteur. Mais on trouve aussi un régulateur adaptatif évolué qui s’adapte automatiquement au profil de la route, ou une caméra de recul à 360°, des équipements qu’on retrouve d’habitude plutôt sur le segment supérieur.

Au volant de la Renault Clio 6 hybrid E-Tech 160
Personne n’attend d’une citadine comme la Clio des miracles en matière de sensations fortes, et pourtant la génération précédente, la n°5, avait su se distinguer par ses qualités dynamiques exemplaires. La sixième mouture honore cette lignée avec brio, tout en s’adaptant à l’ère hybride. Notre essai portait sur la version E-Tech 160 ch, mais la gamme propose aussi le 1.2 TCE essence de 115 ch et bientôt l’ECO-G GPL 120 ch. Avec ses 160 chevaux sous le capot, une prouesse impensable dans les années 80 ou 90, époque où une Peugeot 205 GTI 1.9 culminait à 130 ch, cette petite française promettait au premier regard une sportivité inattendue. Mais l’ère électrique a relativisé la puissance brute : où se cachent donc ces chevaux quand on enfonce la pédale ?

Dès les premiers tours de roue, la réponse s’impose : ce moteur hybride, enrichi de 15 ch et 22 Nm de couple par rapport à l’ancien 1.6 E-Tech, et déjà éprouvé sur le Duster ou le Bigster, privilégie l’efficience à l’accélération foudroyante. Vous ne serez pas plaqué au dossier du siège, même en écrasant l’accélérateur ; les performances restent confortables sans être explosives. Renault n’avait d’ailleurs pas le choix : dégonfler cette mécanique n’aurait pas réduit les coûts de production, et l’agrément quotidien en sort gagnant. La batterie gonflée à 1,4 kWh étend les phases en 100% électrique, plus fréquentes et plus longues qu’avant, pour une douceur de conduite remarquable en ville.

La boîte à crabots multimode, modernisée sans révolution, traîne encore un léger temps de réponse en rétrogradage pour dépasser, mais on prend vite le pli – d’autant que le mode B (Brake) au levier booste le freinage régénératif, idéal en descente ou en embouteillage urbain.
Si le tandem moteur-boîte manque d’un soupçon d’alerte, le châssis compense avec maestria. La Clio 6 hérite des voies élargies de 3,9 cm à l’avant et 1 cm à l’arrière, assorties de ressorts et barres antiroulis revus pour un équilibre renforcé. Résultat : elle est mieux campée sur ses quatre roues, avec un roulis quasi absent et un amortissement progressif qui marie confort et dynamisme sans concessions. La direction précise et communicative invite presque au plaisir sur routes sinueuses, tandis que l’insonorisation améliorée et la sérénité générale donnent l’impression de conduire une compacte plus imposante. Sur réseau secondaire ou autoroute, la Clio évolue clairement au dessus de sa catégorie : polyvalente, sécurisante, elle absorbe les grandes courbes comme les virages serrés sans faillir.

La Clio 5 régnait en maître absolu des citadines pour sa conduite ; sa descendante reprend fièrement le sceptre. Toyota Yaris et micro-hybrides concurrentes comme la Suzuki Swift ne font pas le poids face à ces 160 ch sans équivalent dans la catégorie. En ville, elle reste fluide sans briller par sa maniabilité (les habitués noteront un gabarit en hausse qui rend le stationnement un poil moins aisé) et un confort ferme mais maîtrisé à basse vitesse. Ce n’est pas là qu’elle creuse l’écart, mais sur les grands axes où sa stabilité inspire confiance. On a hâte de voir si la prochaine Peugeot 208 sera capable de détrôner cette reine au losange.
Consommation de la Clio 6 E-Tech Hybrid 160
La consommation est clairement, grâce au moteur E-Tech hybride, un des points forts de cette Clio 6. Déjà, ainsi motorisée, les rejets de CO2 passent de 95 à 89 g/km, ce qui devrait vous épargner un malus pendant quelques temps. Ensuite, les passages à la pompe, surtout si vous ne roulez qu’en ville, devraient se faire de manière assez espacée. Durant notre essai réalisé sur routes urbaines, périurbaines et voies rapides, l’ordinateur de bord affichait un sobre 5,5 l/100 de moyenne. Une valeur assez remarquable compte tenu des prestations globales.
Prix de la Renault Clio E-Tech 160 et concurrence
| Motorisation | Finition | Prix (€) |
|---|---|---|
| 1.2 TCE 115 BVM6 | Evolution | 19 900€ |
| Techno | 23 900€ | |
| 1.2 TCE 115 EDC6 | Evolution | 21 400€ |
| Techno | 25 400€ | |
| Esprit Alpine | 27 600€ | |
| 1.8 E-Tech 160 | Evolution | 24 600€ |
| Techno | 27 600€ | |
| Esprit Alpine | 29 300€ |
Selon où on se place, on trouvera les prétentions tarifaires de Renault excessives ou mesurées. Ainsi, la version de base, avec le TCE de 115 ch, coûte 200 euros de moins que la Clio 5 SCE 65 ch, tout en étant mieux équipée. En revanche, le moteur E-Tech a lui subi une petite augmentation, de quelques centaines d’euros si l’on tient compte des différences d’équipements. Et il faut tout de même compter pas loin de 30 000 € pour la plus huppée de ces Clio. Une somme très élevée pour une citadine !

Mais la concurrence ne fait pas vraiment mieux voire pire. Une Skoda Fabia ou une Volkswagen Polo, en version thermique puisqu’elles n’existent pas en hybride, sera plus chère. Pareil pour une Peugeot 208. Et dans les « vraies » hybrides, fort peu nombreuses, la principale rivale est la Toyota Yaris, plus petite de 18 cm et avec un moteur qui développe au mieux 130 ch, qui se révèle plus chère en prix de base, mais plus remisée par les concessionnaires.




