Dacia s’apprête à lancer le plus long modèle de son histoire, mais pas le plus haut. Avec le Striker, la marque roumaine remet au goût du jour une formule presque disparue : celle du break surélevé, plus logeable et plus sobre qu’un SUV comparable. Long de 4,62 mètres, proposé en hybride et annoncé sous les 25 000 euros, il pourrait surtout attirer ceux que les crossovers ont fini par lasser.
Depuis quinze ans, le SUV a progressivement chassé le break des concessions européennes. Dacia prend aujourd’hui le pari inverse : conserver l’allure robuste et la position de conduite valorisante, sans imposer la hauteur, le poids ni la surface frontale d’un gros crossover.
Dacia Striker, un break surélevé plutôt qu’un énième SUV
Daci prend un pari risqué et joue la carte de la singularité avec son nouveau Striker qui ne rentre pas dans une catégorie parfaitement définie. Dacia le présente comme une synthèse entre la berline, le break et le SUV, formule commode pour décrire une carrosserie longue, relativement basse, mais posée assez haut sur ses roues pour ne pas redouter un chemin dégradé.

Avec 4,62 mètres de longueur, il dépasse le Bigster de cinq centimètres et devient le plus grand modèle de série jamais commercialisé par la marque. Sa hauteur reste pourtant limitée à 1,53 mètre, nettement moins que celle de la plupart des SUV compacts. Cette silhouette plus étirée contribue à abaisser son coefficient aérodynamique à 0,29, une valeur intéressante pour réduire la consommation sur voie rapide.
La garde au sol atteint 190 mm sur les versions à traction avant et grimpe jusqu’à 200 mm avec la transmission intégrale. Le Striker ne devient pas pour autant un franchisseur : ses dimensions, ses porte-à-faux et sa vocation familiale le destinent davantage aux pistes carrossables, aux routes enneigées ou aux accès difficiles qu’aux véritables parcours tout-terrain.

Son dessin reprend les codes introduits par les Duster et Bigster, avec des protections périphériques, des passages de roue marqués et une nouvelle signature lumineuse en forme de T. Selon les finitions, les jantes mesurent 17, 18 ou 19 pouces. La déclinaison Extreme ajoute des éléments en Starkle, matériau recyclé teinté dans la masse et moins sensible aux rayures, tandis que Journey privilégie une présentation plus routière et davantage d’équipements de confort.
Dacia ne réinvente pas ici le break baroudeur. Subaru exploite cette recette depuis 1995 avec l’Outback, tandis que Volkswagen, Skoda, Peugeot, Opel ou Seat l’ont déjà tentée avec plus ou moins de réussite. D’ailleurs Peugeot avec la 408 et Citroën avec le C5X ont tenté récemment ce genre de carrosserie mais le succès n’est pas franchement au rendez-vous. La plupart de ces modèles ont disparu, souvent remplacés par des SUV plus chers et plus rentables. Le Striker se distingue toutefois par un élément essentiel : son prix annoncé, inférieur à 25 000 euros, très éloigné de celui des rares breaks surélevés encore disponibles donc.

Dacia Striker, plus long que le Bigster, mais seulement cinq places
Le choix d’une carrosserie basse permet surtout d’exploiter la longueur au profit de l’espace intérieur. Contrairement au Jogger, qui peut accueillir sept occupants, le Striker reste strictement configuré en cinq places. Il mise donc moins sur le nombre de sièges que sur le confort des passagers et la capacité de chargement.

Son coffre annonce jusqu’à 600 litres, avec une banquette rabattable depuis le compartiment à bagages grâce au système Easy Fold. Le plancher réversible est divisé en trois parties afin de compartimenter la soute, protéger le revêtement ou aménager plusieurs niveaux de chargement. Un coffre de toit de 480 litres pourra compléter cet espace, tandis que les fixations YouClip permettront d’installer différents accessoires dans l’habitacle.

Si la planche de bord reste proche de celles des Duster et Bigster et que toutes les versions recevront une instrumentation numérique de 7 pouces et un écran central tactile de 10,1 pouces compatible avec Apple CarPlay et Android Auto, l’instrumentation reçoit un cockpit Light Visio qui intègre une projection holographique sur une vitre en plexi. La caméra de recul, les capteurs de stationnement arrière et plusieurs aides à la conduite seront également proposés dès les premiers niveaux de gamme.

L’équipement pourra cependant devenir plus riche sur la finition Journey, avec siège conducteur électrique, sièges avant et volant chauffants, navigation connectée, recharge sans fil et hayon motorisé. Un toit vitré panoramique figure aussi parmi les options annoncées. La sécurité progresse également, avec freinage automatique d’urgence capable de détecter véhicules, piétons, cyclistes et motos, surveillance des angles morts, maintien dans la voie, lecture des panneaux et contrôle de l’attention du conducteur. Comme sur les autres modèles récents de la marque, une touche « My Safety » permettra de désactiver rapidement les alertes les plus envahissantes d’un seul clic.

Dacia Striker, deux hybrides au cœur de la gamme, et une version GPL
La fiche technique repose sur la plateforme CMF-B du groupe Renault, déjà utilisée par les dernières Dacia.
L’Hybrid 155 associe un quatre-cylindres atmosphérique de 1,8 litre, développant 109 ch, à un moteur électrique de 49 ch, un alterno-démarreur et une batterie lithium-ion de 1,4 kWh. L’ensemble entraîne les roues avant par l’intermédiaire d’une transmission automatique sans embrayage classique, comportant quatre rapports pour le moteur thermique et deux pour la partie électrique. Dacia annonce des démarrages systématiquement électriques et jusqu’à 80 % du temps de conduite urbaine sans intervention du moteur essence, selon les conditions.

L’Hybrid 150 4×4 adopte une architecture très différente. Son trois-cylindres turbo de 1,2 litre, assisté par une hybridation légère 48 volts, entraîne les roues avant via une boîte à double embrayage à six rapports. Un moteur électrique de 31 ch, installé sur l’essieu arrière et associé à sa propre transmission à deux vitesses, fournit la motricité supplémentaire sans arbre mécanique traversant le véhicule.

Cette version recevra cinq programmes — Auto, Eco, Snow, Mud/Sand et Off-Road — ainsi qu’un contrôle de vitesse en descente. Son moteur arrière pourra se désaccoupler lorsque les quatre roues motrices ne sont pas nécessaires, afin de limiter les pertes d’énergie.
Une variante mild hybrid-G 140, capable de fonctionner à l’essence comme au GPL, est également attendue. Elle utilisera le même trois-cylindres 1.2 turbo, une assistance électrique 48 volts et une transmission manuelle ou automatique à six rapports. L’avantage de cette version étant la bi-carburation automatique.

Prix et disponibilité du Dacia Striker
Pour en savoir plus, notamment ses différentes gammes de prix, il faudra sans doute attendre sa présentation au Mondial de l’Automobile de Paris 2026. L’ouverture des commandes et les premières livraisons sont attendues avant la fin d’année 2026.

