Relancée en 2017, l’Alpine A110 vit ses derniers instants. Sa production s’est arrêtée en avril 2026 avant une nouvelle renaissance annoncée pour fin 2027, mais en électrique cette fois. L’héritière de la berlinette des années 60 est toutefois encore disponible sur quelques stocks restants chez les revendeurs. Une dernière chance d’en profiter si vous pouvez car cette voiture est un régal pour les yeux et le cœur.

A110, une lettre et trois chiffres qui suffisent à mettre des étoiles dans les yeux de n’importe quel amoureux de l’automobile. En créant cette petite sportive dans les années 60, Jean Rédélé et Alpine ont offert au monde un bijou qui a remporté moult rallyes un peu partout dans le monde. Presque tombée dans l’oubli du grand public, l’A110 est renaît de ses cendres en 2017, pour une nouvelle version au style néo-rétro qui n’a finalement pas conquis tant de monde que ça. 30 000 exemplaires ont été écoulés dont la majorité sont immatriculés en France. Mais pour les amateurs, son style, sa légèreté et son efficacité, elle au sommet des meilleures sportives des 20 dernières années.

© Alpine / Alpine A110

D’abord partie sur une A110 de base de 252 ch, la gamme s’est peu à peu étoffée avec les A110 GT, A110 S et A110 R qui développent 300 ch. L’A110 R Utime proposent quant à elle 345 ch et 420 Nm de couple contre 340 Nm pour les autres. A partir de 2025, la GTS remplace la GT et la S en reprenant le châssis raffermis de la S mais avec les sièges plus confortable de la GT. Puis viennent deux autres versions l’A110 R70 en guise d’édition anniversaire et surtout l’A110 R Ultime à 265 000 €. Passons sur les quelques autres éditions spéciales et c’est devant une simple A110 de base que l’on se retrouve. La plus simple mais peut être la plus pure et surtout la plus accessible, que ce soit sur ce qu’il reste en neuf ou en occasion.

Design et finition de l’Alpine A110 2026

Le look de l’Alpine A110 “tout court” joue précisément sur ce mélange de simplicité et de sophistication qui fait sa signature. On est loin d’une version radicale ou bodybuildée : ici, la berlinette moderne s’exprime dans sa forme la plus pure, sans ailerons ni appendices agressifs, ce qui met d’autant plus en valeur ses proportions compactes et son dessin très fluide. Le capot plongeant, les ailes avant bien marquées et le pavillon qui retombe doucement vers l’arrière composent une silhouette basse, tendue, immédiatement reconnaissable.

© Alpine / Alpine A110

La filiation avec la berlinette des années 60 est assumée sans tomber dans la caricature. Les quatre optiques rondes, la nervure centrale sur le capot, la ligne de caisse qui court jusqu’aux ailes arrière : tout évoque le modèle historique. Mais chaque trait a été redessiné avec des surfaces pleines, des galbes très contemporains et des ajustements soignés. En version de base, l’auto repose sur des jantes au dessin relativement sobre, qui laissent bien voir les freins sans chercher à singer les roues d’une voiture de circuit. Les boucliers restent épurés, avec des prises d’air dimensionnées pour l’efficacité plutôt que pour en mettre plein la vue.

Habitacle

À l’intérieur, l’ambiance de la A110 d’entrée de gamme est cohérente avec cette philosophie : sport, mais pas ostentatoire. La planche de bord est volontairement légère visuellement, avec une console centrale suspendue. S’ajoutent des aérateurs ronds et une instrumentation numérique compacte qui ne monopolise pas le champ de vision. Les sièges baquets sont moins extrêmes que ceux des versions les plus radicales, mais offrent déjà un bon maintien. On retrouve toutefois quelques commandes issues de la banque d’organes Renault, qui trahissent les origines du groupe et rappellent que l’on n’est pas dans un univers de GT très luxueuse.

© Alpine / Alpine A110

En revanche, l’assemblage est sérieux, les ajustements précis et les matériaux bien choisis là où l’œil se pose en premier : sur la casquette de planche de bord, la console, les contre-portes. L’ensemble respire davantage la légèreté et l’efficacité que le luxe, ce qui est assumé sur cette version de base. On sent qu’Alpine a préféré mettre les grammes gagnés dans le comportement dynamique plutôt que dans des surépaisseurs de mousse ou des insertions décoratives. Résultat : la A110 “simple” ne fait pas illusion de premium opulent, mais elle renvoie exactement l’image qu’on attend d’elle, celle d’un petit coupé français racé, dessiné avec soin et fini avec sérieux.

Technologies et connectivité

Ce n’est évidemment pas pour ce domaine de compétence qu’on craque pour une A110. Mais à une époque où les constructeurs rivalisent d’écran géant, d’applications connectées et d’aides à la conduite en tout genre pour appâter le client, il est tout de même agréable de rester un minimum à la page, même dans un petit coupé sportif à 65 000 €. L’objectif étant d’être le plus léger possible pour rendre la conduite la plus agréable possible. L’Alpine se contente du minimum, avec un écran de 7 pouces de diagonale. Il a été mis à jour lors du restylage de 2022 et dispose désormais de la compatibilité Apple Carplay et Android Auto, ainsi que d’une personnalisation via des widgets. Il n’est cependant pas des plus réactifs, et la qualité de la caméra de recul est assez basique. On s’en contentera, la seul chose qui nous importe désormais est d’appuyer sur ce bouton rouge Start en pied de console centrale.

© Alpine / Alpine A110

Au volant de l’Alpine A110 2026

Au volant, l’Alpine A110 rappelle très vite pourquoi elle est devenue une référence. Tout commence par la position de conduite : assise basse, jambes bien allongées, volant rapproché, visibilité correcte malgré le pavillon fuyant. On n’est clairement plus dans une vraie voiture de sport que dans un petit coupé décoratif. Une fois le quatre-cylindres 1.8 turbo lancé derrière les sièges, la voiture donne immédiatement l’impression d’être prête à bondir tout en se moquant des virages sinueux qui vous attendent.

© Alpine / Alpine A110

Les chiffres, pris isolément, n’impressionnent pas outre mesure, même si il va de soit que l’on est pas dans la voiture de monsieur tout-le-monde. Mais à l’heure des débauches de puissance développés par les moteurs électriques, un 1.8 suralimenté qui développe 252 ch pour 320 Nm n’apparait pas dingue. Et pourtant ce qui est génial avec cette voiture c’est la façon dont elle distille cette puissance envoyés aux seules roues arrière par une boîte à double embrayage à 7 rapports.

En pratique, ce qui marque surtout, c’est la façon dont le moteur est exploité par un châssis qui revendique à peine plus de 1 100 kg tous pleins faits. L’auto réagit à la moindre sollicitation, prend ses tours sans inertie apparente et donne constamment l’impression d’avoir plus de réserve que ce que la fiche technique laisserait penser. Le moteur, installé en position centrale arrière, n’a pas le timbre noble d’un gros V6 ou d’un atmo haut perché, mais sa sonorité grave à mi‑régime, ponctuée de souffles de turbo et de petites décharges à la décélération, accompagne bien le caractère de la voiture. Il n’écrase jamais le châssis : la poussée est franche, linéaire, parfaitement dosable, ce qui permet d’utiliser vraiment toute la plage de régime sur route sans se sentir débordé. La boîte à double embrayage enchaîne les rapports avec une réelle célérité en mode Sport, tout en restant douce en Normal.

© Alpine / Alpine A110

Alpine A110, une voiture émotionnelle

C’est surtout le comportement routier qui donne à l’A110 son aura particulière. Le train avant est incisif sans jamais être nerveux, la direction précise, suffisamment directe pour placer l’auto au millimètre sans provoquer d’inquiétude. Le centre de gravité très bas, conjugué à un réglage de suspension plus souple que ce que la mode actuelle impose, permet de lire la route avec une finesse rare : la voiture s’inscrit franchement en courbe, accepte volontiers un léger transfert de charge pour resserrer la trajectoire et garde toujours une assise saine. On ressent bien les mouvements de caisse, mais ils participent à la communication entre l’auto et le conducteur.

En sortie de virage, la propulsion fait exactement ce qu’on attend d’elle. Sur sol sec, le couple arrive de manière progressive, autorise une légère mise en appui du train arrière avant que l’électronique ne vienne veiller en cas d’excès d’optimisme. L’A110 accepte volontiers une conduite coulée, rapide mais propre, et se laisse aussi bousculer avec un peu plus de liberté une fois les aides assouplies. En fait ce qui est un peu magique avec elle c’est qu’elle n’intimide pas, elle encourage à jouer avec elle, à repousser un peu nos limites, sans pour autant se faire peur. Et pour ne rien gâcher elle reste relativement confortable et un long trajet n’est pas synonyme de dos cassé. Bref c’est remarquable.

Alpine A110 sur la route
© Alpine / Alpine A110

Consommation de l’Alpine A110 2026

Est-il bien nécessaire de s’y intéresser ? Oui, parce que l’Alpine A110 est sobre. En roulant normalement il est facile de tourner autour des 7 l/100 km en moyenne. Merci le poids contenu et la petite cylindrée. Évidemment si vous vous sentez l’âme d’un pilote la consommation grimpera d’autant mais c’est loin d’être catastrophique et on est très loin de ce que boit la concurrence allemande par exemple munie de plus gros moteurs. Mais ce n’est pas la seule bonne nouvelle. L’Alpine A110 grâce à son poids réduit contient aussi ses émissions de CO2 et avec seulement 152 g ce maudit malus ne vous délestera « que » (c’est déjà bien trop !) de 4 818 € au moment d’écrire ces lignes. Un cas presque unique à prendre en compte !

NOS NOTES ...
Design / finitions
Technologie / Equipements
Au volant
Consommation
Article précédentIl y a 10 ans, Honda vendait presque une vraie MotoGP pour la route… et personne n’a vraiment osé refaire ça depuis
Fan de voitures depuis l'enfance (merci papa !), journaliste automobile par passion, navigue avec plaisir entre le thermique et l'électrique, en essayant de profiter du meilleur des deux mondes.
essai-alpine-a110-2026-voici-pourquoi-vous-allez-regretter-de-ne-pas-en-avoir-profite-a-tempsAu final, au volant de cette A110 "classique" de seulement 252 ch l’impression dominante est celle d’une voiture conçue d’abord pour le conducteur. Les chiffres sont sérieux, mais ce sont surtout les sensations, la légèreté, la transparence de la direction, la progressivité des réactions du châssis, la façon dont la mécanique répond sans brutalité qui marquent. On retrouve ce que beaucoup de sportives et même de voitures au sens large ont peu à peu perdu : le sentiment d’être au centre d’un ensemble homogène, cohérent où chaque composant semble réglé pour servir le plaisir de conduite. Le plaisir ?! Quel vilain mot diront certains, pire une notion dépassée ! Cela tombe bien, ça en fait plus pour nous.

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